La Gécamines, pilier de l’économie nationale congolaise, traverse une période tumultueuse sous la conduite de son nouveau directeur général, Placide Kala Basidiwa. Chaque jour qui passe, ce dernier semble davantage se gorger d’importance et montrer paradoxalement peu d’aptitude à remplir ses responsabilités comme il se doit, à tel point que son comportement et ses décisions suscitent de vives inquiétudes au sein de l’entreprise et au-delà.
Nommé par décret présidentiel en même temps que ses adjoints, Kala Basidiwa ne respecte guère les contours de son rôle. Sa tendance à empiéter sur les attributions de ses collaborateurs est devenue légendaire. Plutôt que de se concentrer sur ses responsabilités, il s’aventure dans des domaines qui ne relèvent pas de sa compétence, laissant planer le doute sur son efficacité. Ce manque de déférence à l’égard de ses collègues ainsi que son ambition démesurée soulèvent des questions sur son aptitude à gérer comme il se doit une entreprise complexe de la taille de la Gécamines. Il se conjugue déjà au passé.
En tout cas, l’état actuel de la Gécamines est révélateur d’une gestion à la petite semaine. Les archaïsmes managériaux qui la caractérisent à ce jour sont pour le moins préoccupants. Si cette entreprise du portefeuille de l’Etat tarde à s’adapter aux exigences modernes, il est à craindre qu’elle ne puisse plus faire face à une concurrence accrue, même à celle d’un simple marché local. Les méthodes de gestion surannées appliquées par Placide Basidiwa mettent en péril non seulement l’entreprise mais aussi les milliers d’emplois qui en dépendent.
Cela est aux antipodes du thème des états généraux des entreprises du portefeuille de l’Etat tenus à Kinshasa du 9 au 14 décembre 2024, à savoir : «Faire des entreprises du portefeuille de l’Etat un puissant levier de la croissance économique et du développement social de la RDC».
Dans un environnement où la collaboration est essentielle, l’autoritarisme et la vindicte semblent pourtant dominer dans le chef du super directeur général de la Gecamines. La moindre résistance à ses désidératas se solde rapidement par des représailles médiatiques, alimentés par une clique de communicants acquis entièrement à sa cause en échange des espèces sonnantes et trébuchantes. Ce climat hostile a créé une atmosphère de peur parmi les employés qui dénoncent un manque de transparence et d’intégrité dans la conduite des affaires de l’entreprise.
De plus, les réticences de Placide Kala à accepter le moindre contrôle ou audit renforcent la perception d’une incapacité innée à assumer ses responsabilités. Les alertes lancées par les différentes instances de la Gécamines sont systématiquement ignorées. Au lieu de se soumettre à une gouvernance saine, Kala Basidiwa préfère se retrancher derrière son ego surdimensionné.
À l’heure où le cabinet du chef de l’État prend conscience de cette incompétence flagrante, à travers les cris désespérés du syndicat, des changements pourraient voir le jour incessamment. L’éventuelle intervention de l’État est plus que nécessaire pour sauver ce fleuron de l’économie congolaise d’un crash imminent orchestré par un directeur général dont le management s’avère catastrophique.
Il est grand temps que des décisions courageuses soient prises afin de redresser la barre. La Gécamines mérite un leader capable de fédérer, d’écouter et d’agir dans l’intérêt bien compris de l’entreprise, de ses employés et de l’économie nationale. La gestion d’une entreprise n’est pas une question d’ego, mais de service et de résultats. Il est impératif que les décideurs prennent conscience de l’importance de la Gécamines et agissent pour remettre l’entreprise sur le droit chemin.
Nous y reviendrons en détail dans l’une de nos prochaines livraisons.


















