Dans le microcosme économique congolais, le directeur général de la Direction Générale des Douanes et Accises (DGDA) est un dirigeant célébré pour avoir redynamisé une institution stratégique. De l’autre côté, des accusations fusent sur sa gestion des ressources humaines. Cela reflète une réalité complexe où les réformes, même bénéfiques, peuvent générer des résistances ou des malaises internes.
En tout cas, parmi les figures marquantes de l’administration publique congolaise, Bernard Kabese Musangu s’impose comme un acteur central de la modernisation de DGDA. Son parcours, même s’il est traversé par des controverses et des tensions internes qui soulignent les défis de la gouvernance dans un environnement institutionnel complexe, est jalonné de réformes ambitieuses réussies.
Un réformateur issu du sérail
Nommé à la tête de la DGDA après avoir gravi tous les échelons de l’institution, Kabese Musangu est souvent présenté comme un “fils-maison”. Cette trajectoire lui confère une connaissance fine des rouages de l’administration douanière, mais aussi une légitimité auprès des agents.
Sous sa direction, la DGDA a réalisé une hausse significative des recettes douanières, grâce à la modernisation des outils de gestion, avec l’introduction de systèmes informatisés pour le suivi des marchandises, au renforcement des contrôles aux frontières, limitant les importations frauduleuses et à une meilleure traçabilité des opérations douanières, réduisant les pertes et les pratiques informelles.
Ces efforts lui ont valu le Prix d’or du meilleur mandataire public en 2023, une distinction qui souligne son efficacité managériale.
Une ouverture vers l’international
Sous son mandat, la DGDA a renforcé ses liens avec des partenaires internationaux, notamment l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD), avec laquelle elle collabore sur des standards de transparence et de performance, la Banque mondiale et le FMI, qui saluent les efforts de gouvernance et de digitalisation.
Des coopérations régionales ont été intensifiées également pour lutter contre la fraude transfrontalière.
Ces partenariats ont permis à la DGDA de s’aligner sur les meilleures pratiques internationales, tout en consolidant sa position stratégique dans l’économie congolaise.
En plus, les réformes à la DGDA ont eu des répercussions directes sur les entreprises et les commerçants qui se vantent de la fluidification des procédures douanières avec l’introduction de systèmes informatisés qui ont permis de réduire les délais de dédouanement, ce qui est crucial pour les importateurs et exportateurs.
Il y a aussi la réduction des coûts liés à la corruption. Grâce au renforcement des contrôles et à la traçabilité, les pratiques informelles ont été limitées, ce qui améliore la prévisibilité des coûts pour les opérateurs.
Si malgré tout, certains opérateurs ont exprimé des inquiétudes face à une fiscalité jugée plus rigide, avec moins de marges de négociation, des cadres de concertation ont été mis en place pour mieux intégrer les préoccupations des entreprises dans les politiques douanières de la DGDA.
Les pesanteurs internes
Mais, dans une administration où les habitudes anciennes peinent à céder la place aux réformes, Kabese Musangu est accusé de tous les maux par certains syndicats et observateurs. Ces accusations dénoncent une gestion centralisée et peu inclusive mais ne sont pas étayées par des preuves tangibles. Au final, elles risquent de susciter un climat social tendu, des frictions entre la direction générale et les directions provinciales…
En fait, ces pesanteurs traduisent les résistances au changement qui s’opèrent inexorablement au sein de la DGDA.
Quel avenir pour la DGDA sous Kabese Musangu ?
Cependant, le DG Kabese a entrepris depuis belle lurette de consolider ses acquis et d’apaiser les tensions. Et cela passe par l’institutionnalisation des concours de recrutement pour garantir l’équité, le renforcement du dialogue social avec les syndicats, la décentraliser certaines décisions pour redonner du pouvoir aux directions locales, la poursuite de la digitalisation tout en assurant la transparence et la redevabilité, etc. Mais comme toute transformation, cela s’accompagne de résistances internes et de perceptions divergentes.
En conclusion, nous pouvons dire que Bernard Kabese Musangu incarne une vision de l’efficacité et une figure de réformateur pragmatique, capable de transformer une institution stratégique dans un contexte difficile. Mais son parcours montre aussi que la modernisation ne va pas sans heurts, et que la réussite d’une réforme dépend autant de la vision du leader que de sa capacité à fédérer autour de lui.
Son bilan à la DGDA reste prometteur. Les controverses qui s’y observent parfois sont en fait le reflet d’une administration en pleine mutation, entre ambitions de performance et exigences de justice sociale.
En tout cas, Bernard Kabese est encore et toujours décrit comme un modèle en management, ayant contribué à l’augmentation des recettes douanières et à une meilleure visibilité de la régie financière. Et les informations disponibles montrent des actions liées à la régularisation et à la formation des cadres et agents, ainsi qu’à des partenariats stratégiques avec des institutions comme l’École Nationale d’Administration (ENA).
JM Mulenda Ngoy
